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tiret (fonctions)

Simple ou double, le tiret a principalement pour rôle de créer un effet d’insistance et de signaler un changement de niveau dans le discours.

Comme il détache les éléments de la phrase plus nettement que ne le fait la virgule, le tiret contribue à la clarté de l’expression et facilite ainsi la tâche au lecteur.

Il faut se garder d’abuser du tiret sous peine de lui faire perdre de son efficacité et de sa puissance expressive.

Longueurs de tiret et recommandation

Il ne faut pas confondre le trait d’union (-) et le tiret (–). Ces deux signes sont différents et n’ont pas les mêmes fonctions. Il faut donc éviter d’employer l’un à la place de l’autre.

Bien qu’il existe en réalité trois longueurs de tiret, on n’en utilise que deux en français : le tiret qu’on appellera « court » ou tiret demi-cadratin (), qui se nomme en dash en anglais, et le tiret long ou tiret cadratin (—) qu’on appelle em dash en anglais. Le trait d’union, pour sa part, est plus court que le tiret court.

Dans la plupart des documents, on ne fait pas de distinction entre les deux longueurs de tiret et on emploie soit le court, soit le long, dans tous les cas. Dans les ouvrages soignés, le tiret court (demi-cadratin) est utilisé de part et d’autre d’une incise, devant les éléments des listes et des énumérations, et dans les toponymes surcomposés. Le tiret long (cadratin) est employé pour marquer le changement d’interlocuteur dans les dialogues et pour indiquer la nullité.

Pour des questions de régularité du texte, nous recommandons l’emploi du tiret court (–) dans tous les cas.

Mentionnons qu’en typographie, le signe mathématique « moins » se représente par un tiret court.

Fonctions

Les tirets, comme les parenthèses et la double virgule, servent à insérer des éléments qui pourraient être retranchés de la phrase sans que le sens de cette dernière s’en trouve radicalement altéré.

Le tiret a de multiples fonctions. Il sert à :

  • indiquer un changement d’interlocuteur dans les dialogues
    • « Pouvez-vous venir? — Tout de suite, monsieur. »
    • Victor s’adressant à son père :
       Peut-on être puni pour quelque chose qu’on n’a pas fait, papa?
      — Mais non, voyons! Pourquoi?
      — Parce que je n’ai pas fait mes devoirs.

    (On voit souvent le tiret long dans ce cas.)

  • séparer le nom de l’interlocuteur du texte de son intervention dans les comptes rendus de réunions

    Le tiret est alors le plus souvent précédé d’un point :

    • Odile Bérubé. — Nous n’aurons pas les ressources nécessaires pour mener ce projet à terme.
      Simon Ladéroute. — Je ne vois qu’une solution : l’abandonner.

    (On voit souvent le tiret long dans ce cas.)

  • isoler, créer un effet d’insistance et mettre en valeur ou en relief un mot ou une expression dans un énoncé

    Le tiret capte l’attention du lecteur. Il est le signe tout désigné pour souligner une opposition ou une conclusion inattendue, pour créer un effet de chute ou d’insistance. On l’utilise pour remplacer les virgules ou les parenthèses avant et après les incises :

    • Je croyais que le grade donnait de l’autorité – il en ôte. (J. Vallès)
    • L’avenir de l’homme antique devait être révélé. Celui du savant d’hier pouvait être prévu. Le nôtre est à construire – par l’invention et par le travail. (G. Berger)
    • Il m’a demandé de traduire une expression – qui n’avait absolument aucun sens – juste avant mon départ.
    • Après avoir vidé son sac – elle en avait gros sur le cœur! –, elle a remis sa démission.
  • séparer les éléments d’une énumération verticale (appelés jalons énumératifs)
    • J’aimerais recevoir au plus tôt les documents suivants :
      • le procès-verbal de la séance de la semaine dernière
      • les annexes II et III du rapport sur…
      • les organigrammes des trois services intéressés
    • Un bon rédacteur recherche :
      • la clarté
      • la simplicité
      • la concision
  • marquer la nullité dans les tableaux, les factures, les catalogues, etc. (au Canada)

    Le tiret est utilisé au Canada pour indiquer la nullité et équivaut à « aucun » ou zéro. Toutefois, dans le reste de la francophonie, il sert à marquer la répétition et non la nullité. Pour éviter la confusion dans un tableau comportant des colonnes de chiffres, il est préférable de remplacer le tiret par 0 (zéro) ou par les mots néant, rien, non déterminé ou n.d.

    Le danger d’équivoque disparaît quand le tiret concerne des mots :

    Stylos bleus : 15
      – noirs : 20
      – rouges : – 

    Pour indiquer la répétition sans reproduire les données deux fois, on peut utiliser le mot idem ou employer les guillemets itératifs (») :

  • Je suis en faveur du télétravail.
  • »    »    »    »     des heures de travail flexibles.

    L’emploi des guillemets anglais (") est plus fréquent au Canada dans ce contexte.

  • remplacer un mot vedette dans les index, les dictionnaires, les lexiques, etc.
    • augmentation (verbes exprimant une –)

    Cette fonction est aussi parfois remplie par le tilde (~). Dans les lexiques et les dictionnaires, le tiret joue ce rôle autant dans l’usage canadien que dans l’usage français.

  • subdiviser des titres de chapitres, après une lettre (A. –), un chiffre romain (III. –) ou arabe (2. –)

    Les tirets sont souvent, mais non obligatoirement, précédés d’un point :

A. – La pauvreté en Amérique du Nord

1. – Dans les milieux urbains

2. – Dans les milieux ruraux

II – Les relations patronales-syndicales

A – Dans les années 60

B – Dans les années 80

On peut aussi, dans ce dernier cas, ne mettre que le point à la suite du chiffre ou de la lettre :

– A. L’immigration

1. La composante économique

2. La composante sociale

Voir aussi DIVISIONS ET SUBDIVISIONS D’UN OUVRAGE.

  • séparer les questions et les réponses d’une entrevue
    • Q. – …………………
    • R. – …………………
  • séparer les éléments d’un sommaire

    Le sommaire est une sorte de table des matières placée au début d’un livre ou d’un chapitre. Le tiret est très souvent précédé d’un point :

    • Chapitre II
      L’histoire des jardins

      Le mythe du paradis terrestre. – Le jardin dans les civilisations orientales. – Le jardin au Moyen Âge. – Les jardins de la Renaissance.

  • joindre ou opposer deux éléments, par exemple deux mots, deux chiffres ou deux lettres

    On l’emploie pour :

    • comparer des mots :
      • eau – haut
      • portefeuille – porte-monnaie
    • séparer deux lettres sur la reliure d’un livre (signifie « jusqu’à ») :
      • A – F
    • séparer des heures dans un horaire (signifie « jusqu’à ») :
      • h 15 – 17 h 15
    • séparer des numéros de pages (signifie « jusqu’à »), sans espace avant ni après. Certains conseillent plutôt le trait d’union dans ce cas :
      • p. 1–12
    • séparer deux années (signifie « jusqu’à »), sans espace avant ni après. Certains conseillent plutôt le trait d’union dans ce cas :
      • 1994–1996
    • séparer deux noms de villes ou de pays (signifie « jusqu’à », « et », « contre », etc.), sans espace avant ni après. Certains conseillent plutôt le trait d’union dans ce cas. Il faut toutefois éviter la barre oblique :
      • Montréal–Paris en avion
      • la guerre Inde–Pakistan
      • l’accord Canada–Norvège
      • relations employeurs–employés

        Le tiret se rapproche parfois de la fonction de l’oblique (eau/haut, jour/nuit, alternance travail/loisirs).

    • séparer deux éléments dont l’un comporte déjà un trait d’union, sans espace avant ni après. Le tiret peut séparer deux toponymes :
      • la partie de hockey Trois-Rivières–La Tuque
      • parcourir Sherbrooke–Saint-Jean-sur-Richelieu à vélo

        ou faire partie intégrante d’un toponyme surcomposé (appellation composée de deux toponymes) :

      • la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean
      • la région Mauricie–Bois-Francs
      • la municipalité de L’Annonciation–Partie-Nord
      • Saint-Jean–Port-Joli

        Dans ce dernier cas, le trait d’union est aussi admis. De plus, le trait d’union est de mise quand les deux éléments forment un mot composé :

      • une manifestation anti-États-Unis
    • introduire le nom de l’auteur après une citation
      • Le mariage est comme le tiret en imprimerie : il sépare et relie.

        – Jean-Paul Richter

Traitement de texte

Du point de vue informatique, le tiret court s’obtient en tapant ALT + 0150 et le tiret long, en tapant ALT + 0151, selon les caractères du code Ansi.

On peut aussi les trouver à partir du menu Insertion d’un traitement de texte, sous Caractères spéciaux ou Symboles.

Renseignements complémentaires

Voir TIRET (SIGNES DE PONCTUATION ET ESPACE AVEC LE TIRET).